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7 leçons que j'ai apprises après 7 mois sans alcool

7 enseignements tirés de 7 mois de sobriété : ce que l'arrêt de l'alcool apprend vraiment sur soi, les autres et la vie.

7 leçons que j'ai apprises après 7 mois sans alcool

Je l’ai vue passer avant-hier sur Instagram.
Une publication simple, sincère, signée #NoCheersNeeded.
Sept leçons tirées de sept mois sans alcool. Rien de moralisateur, juste une mise à nu.

Et j’ai senti quelque chose bouger en moi en la lisant.
Parce que beaucoup de ces phrases auraient pu être les miennes.
Parce que j’ai connu ce mélange de peur et de libération, cette envie d’en finir avec l’alcool sans trop savoir ce qu’on deviendra après.

Alors j’ai eu envie de la partager ici, telle quelle.
Parce qu’elle résume mieux que beaucoup de discours ce qu’on vit quand on décide d’arrêter de boire : la perte, le vide, les renaissances.
Et surtout, cette vérité qu’on finit par comprendre au fil du temps…
qu’arrêter, ce n’est pas renoncer à vivre, c’est enfin commencer à le faire.

1: j’ai arrêté l’alcool quand j’étais prête à perdre des choses

On me demande souvent comment j’ai fait pour arrêter l’alcool et quel a été mon déclic. Ça m’a amenée à réfléchir à pourquoi je n’en avais pas été capable avant, alors que l’idée de stopper cette addiction ne date pas d’hier.

Je pense qu’avant, je voulais simplement « ne plus vriller en soirée », me contrôler pour ne garder que les bons moments d’ivresse, et ne surtout rien avoir à changer à ma vie.

Évidemment, essayer de contrôler mes dérives en soirée n’a pas fonctionné et n’était pas tenable sur le long terme.

Et puis un matin, je me suis sentie prête à dire adieu à certaines soirées, habitudes, relations ou même à renoncer à certains traits de « ma personnalité » (qui n’étaient pas vraiment moi en réalité).

C’est ce jour-là où j’ai décidé d’arrêter de boire.

2: la thérapie fonctionne quand tu es véritablement honnête avec toi-même

J’ai fait des années de thérapie en minimisant mon addiction. Ce travail n’a pas servi à rien, mais il n’a pas été aussi efficace que depuis que j’ai avoué mon problème avec l’alcool.

Reconnaître ma dépendance c’est aussi reconnaître la part de responsabilité que j’ai eue dans certaines relations et comprendre pourquoi j’entretenais ces schémas.

C’est me pardonner pour certaines choses du passé, avoir de la compassion pour celle que j’étais qui faisait comme elle pouvait, avec les armes qu’elle avait - et me remercier de prendre désormais soin de moi.

C’est aussi cesser de croire que tout ce qui t’est arrivé, tu l’as mérité parce que tu buvais. Parfois la vie t’inflige des événements douloureux, et tu n’en es en rien responsable.

3: se sentir perdu.e fait partie du processus

Quand tu retires l’alcool de ta vie, ça peut sembler vertigineux et laisser un vide immense au départ.

Tu peux te sentir isolé.e, avoir le FOMO (la peur de louper des événements festifs par exemple), être terrifié.e à l’idée de finir seul.e. Mais ce passage est normal.

C’est même bon signe: l’alcool prenait tellement de place qu’il serait illusoire de croire qu’en l’enlevant, rien ne bouge.

Accepte que ça tangue pendant un moment, c’est pour mieux retrouver ton ancrage.

Vers 6 mois, j’ai commencé à sentir un vrai changement en moi, à avoir confiance dans mes choix, à ne plus courir après tout le monde.

4: en arrêtant de boire tu as plus de temps: décide de ce que tu veux vraiment en faire

Les premiers mois je me suis isolée pour me concentrer à 100% à ma sobriété et limiter les tentations.

Puis, les mois qui ont suivi, je me suis rendue disponible à outrance par peur de perdre mes proches.

Tu finiras par trouver ton équilibre, sans avoir à dire oui à tout. Accepte de refuser certains instants de sociabilité si c’est ce dont tu as besoin.

J’ai appris que mes potes vivent très bien le fait que je disparaisse des radars pendant 2/3 semaines pour me reposer ou pour réfléchir.

Alors, chéris ce nouveau temps pour construire la personne que tu as envie de devenir. C’est une chance incroyable.

5: de nouveaux liens vont se créer autour d’intérêts plus profonds que celui de la fête

En devenant sobre certaines relations changent, d’autres disparaissent.

Mais de nouveaux liens éclosent aussi: avec des personnes qui nous étaient inconnues ou avec des ami.e.s / collègues auxquel.le.s on ne s’intéressait pas vraiment en dehors des festivités.

Quand l’alcool n’est plus ta préoccupation première, tes sujets de discussion changent.

La sobriété m’a ouverte à des conversations inattendues, profondes et passionnantes avec des personnes que je pensais connaître. Des gens que je voyais sous un unique angle, sans réaliser tout ce qu’iels avaient à offrir, ni ce que l’on partageait en commun.

A contrario, elle a parfois mis en lumière des liens superficiels, que je chéris pour ce qu’ils ont été à une période de ma vie, mais dans lesquels je ne me retrouve plus aujourd’hui.

Alors écoute comment tu résonnes avec ton entourage. Et si tu sens un décalage, autorise-toi à rencontrer des gens qui te ressemblent plus depuis que tu t’es transformé.e.

6: il est plus facile de demander à quelqu’un.e de se soigner quand tu te soignes toi-même

J’ai longtemps supplié un proche de soigner son alcoolisme, en me sentant complètement impuissante face à son auto-destruction.

J’ai été dans la bienveillance, puis dans la colère - et rien ne fonctionnait. J’étais désarmée. Je me souviens que cette personne me rappelait « je ne vois pas pourquoi j’arrêterais de boire, regarde ce que toi tu consommes en soirée ».

C’est en balayant devant ma porte et en arrêtant l’alcool, que la discussion est devenue possible. Plus sous le prisme des reproches, mais d’un autre futur possible.

Parfois, ton exemple vaut plus que tes mots.

7: souviens-toi pourquoi tu as arrêté de boire

Il y a des jours où tu auras envie de célébrer avec un verre. Ta vie te semblera plus équilibrée et tu te demanderas si, après tout, tu ne mériterais pas cette coupette maintenant que tu vas mieux.

C’est là que tu dois te rappeler : si tu vas mieux, c’est justement parce que tu es sobre.

Trouve le format qui te convient le mieux mais garde une trace de ce que l’alcool t’a volé : du temps, des relations, ton estime de toi, des moments heureux, de l’apaisement, des projets.

Bonus : mieux vaut être seul.e que mal aimé.e

Depuis mes 20 ans, j’ai sauté de relation en relation par peur du vide, et pour tenter de guérir de ma blessure d’abandon.

A l’époque, je préférais avoir un homme dans ma vie - même s’il ne me traitait pas comme je l’espérais - plutôt que de me confronter à la solitude. C’était ma manière de me sentir en sécurité.

Plus je me dévouais à la relation, plus je croyais qu’on ne m’abandonnerait pas.

Je cherchais dans les yeux d’un autre la tendresse que je n’arrivais pas à me donner.

Alors pour résumer ma vingtaine : les histoires d’amour et l’alcool, c’était ça, ma façon de (sur) vivre.

Depuis que je suis sobre et célibataire, j’ai daté quelques hommes, sans avoir eu envie d’aller plus loin.

Avant j’aurais accepté des histoires bancales, j’aurais excusé d’être ghostée puis recontactée, j’aurais répondu aux textos à 2h du matin qui me proposaient de terminer la soirée ensemble.

Etre sobre c’est comme devenir la capitaine de son propre navire : tu connais ton horizon, l’île que tu souhaites atteindre. Et tu sais que prendre des détours houleux ne fait que rallonger ton trajet et le rendre plus éprouvant.

Bonus : mieux vaut être seul.e que mal aimé.e

Depuis mes 20 ans, j’ai sauté de relation en relation par peur du vide, et pour tenter de guérir de ma blessure d’abandon.

A l’époque, je préférais avoir un homme dans ma vie - même s’il ne me traitait pas comme je l’espérais - plutôt que de me confronter à la solitude. C’était ma manière de me sentir en sécurité.

Plus je me dévouais à la relation, plus je croyais qu’on ne m’abandonnerait pas.

Je cherchais dans les yeux d’un autre la tendresse que je n’arrivais pas à me donner.

Alors pour résumer ma vingtaine : les histoires d’amour et l’alcool, c’était ça, ma façon de (sur) vivre.

Depuis que je suis sobre et célibataire, j’ai daté quelques hommes, sans avoir eu envie d’aller plus loin.

Avant j’aurais accepté des histoires bancales, j’aurais excusé d’être ghostée puis recontactée, j’aurais répondu aux textos à 2h du matin qui me proposaient de terminer la soirée ensemble.

Etre sobre c’est comme devenir la capitaine de son propre navire : tu connais ton horizon, l’île que tu souhaites atteindre. Et tu sais que prendre des détours houleux ne fait que rallonger ton trajet et le rendre plus éprouvant.