Pièges à éviter

La rechute: ce n'est pas la fin de l'histoire

La rechute ne signifie pas l'échec. Ce que la science dit vraiment sur les rechutes dans le sevrage alcool, et comment se relever sans se noyer dans la honte.

La rechute: ce n'est pas la fin de l'histoire

Tu avais décidé d'arrêter. Tu avais tenu. Des jours, des semaines, peut-être des mois. Et puis un soir, il y a eu un verre. Puis deux. Et le lendemain matin, la honte est arrivée avant même le café.

La rechute. Le mot qui fait peur. Celui qu'on n'ose pas dire à voix haute.

Je vais te dire quelque chose d'important. Quelque chose que j'aurais voulu qu'on me dise plus tôt.

La rechute ne signifie pas que tu as échoué.

Ce que la science dit vraiment

L'addiction n'est pas un problème de volonté. C'est une maladie chronique du cerveau, au même titre que le diabète ou l'asthme. Et comme pour ces maladies, les rechutes font partie du processus de guérison. Les études sur les dépendances montrent que la grande majorité des personnes qui finissent par s'en sortir sont passées par plusieurs tentatives avant d'y arriver.

Plusieurs. Pas une. Pas deux. Plusieurs.

Ce n'est pas une statistique décourageante. C'est une réalité libératrice. Parce que ça veut dire que chaque tentative compte, même celles qui se terminent par un verre.

La honte, ce poison

Le vrai danger après une rechute, ce n'est pas le verre lui-même. C'est ce qui vient après.

La honte. La voix dans ta tête qui dit "t'es nul", "t'as tout gâché", "ça sert à rien d'essayer". Cette voix-là, elle est bien plus dangereuse que l'alcool. Parce que c'est elle qui te pousse à te dire que puisque t'as déjà replongé, autant continuer. Que de toute façon t'as raté. Que t'es comme ça et que ça changera jamais.

C'est le piège. Et il est redoutable.

J'y suis tombé. Pas une fois.

Rechuter, c'est apprendre

Il y a une autre façon de regarder ce qui s'est passé.

Chaque rechute est une information. Elle te dit quelque chose : que tu étais fatigué ce soir-là, que tu avais négligé une zone de ta vie, que tel endroit ou telle personne est un déclencheur que tu n'avais pas encore identifié. Elle te dit où tu en es vraiment, pas où tu voudrais être.

Ce n'est pas agréable à entendre. Mais c'est utile.

La question à se poser après une rechute n'est pas "pourquoi je suis aussi nul". C'est "qu'est-ce que ça m'apprend sur moi ?"

Ça change tout.

Reprendre le fil, concrètement

Si tu lis ces lignes avec un goût de honte dans la bouche, voilà ce que je te propose.

D'abord, arrête de compter les jours perdus. La sobriété n'est pas un marathon où tu repars de zéro à chaque fois que tu trébuches. C'est une construction. Ce que tu as construit avant la rechute, tu l'as encore.

Ensuite, parle-en à quelqu'un. Ton médecin, un psy, un groupe, un proche. Pas pour te faire gronder. Pour ne pas rester seul avec ça. Parce que la honte prospère dans le silence.

Et enfin, reviens. Reviens sur les raisons pour lesquelles tu voulais arrêter. Pas les raisons de quelqu'un d'autre. Les tiennes. Celles qui t'avaient mis en mouvement.

La rechute n'est pas une destination

Tu n'es pas "un alcoolique qui a rechuté". Tu es quelqu'un qui se bat, et qui vient de vivre un épisode difficile dans un combat qui continue.

La différence entre les gens qui s'en sortent et les autres, ce n'est pas qu'ils ne rechutent jamais. C'est qu'ils se relèvent.

Alors relève-toi. Le chemin n'est pas terminé.


Si tu traverses une période difficile en ce moment, n'hésite pas à utiliser le chat disponible sur ce site. Il est là, même la nuit. Même quand tu penses que ça ne sert à rien d'en parler.

Ces articles devraient aussi t'intéresser

Cet article a fait écho ?
Drymate est là pour en parler avec toi. Sans jugement, 24h/24.

Parler à Drymate →
← Tous les articles Pièges à éviter →