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Mes textes

Du naufrage au grand large: mon texte publié par la CAMERUP

Mon Journal de bord paraît dans le magazine de la CAMERUP consacré à l'art et aux addictions. Voici l'histoire cachée derrière cette page.

Du naufrage au grand large: mon texte publié par la CAMERUP

Il y a trois ans, j'apprenais à vivre sans alcool. Aujourd'hui, une page de mon histoire paraît dans le magazine de la CAMERUP.

Ma contribution s'intitule «Journal de bord, extraits du carnet du capitaine». Sur une page, elle raconte plus de trente années avec l'alcool, du premier verre au delirium tremens, puis de la réanimation à la sobriété.

Une proposition avec presque une seule consigne

Tout a commencé lorsque Sandrine, de la CAMERUP, a demandé à Gérard, président départemental du Bas-Rhin d'Entraid'Addict, s'il connaissait quelqu'un qui pourrait être intéressé par une contribution au magazine.

Gérard a pensé à moi. J'ai dit oui immédiatement.

Si tu parcours Au revoir alcool, tu sais que j'aime écrire. Ici, le défi tenait en une page et une simple idée de départ: un «carnet de voyage».

Mon voyage le plus déterminant ne s'est pas déroulé sur une carte. Il a traversé trente ans avant d'atteindre une vie sobre. J'en ai fait un journal de bord.

Journal de bord de Damien Boursaux publié à la page 25 du magazine CAMERUP été 2026
Ma contribution publiée à la page 25 du magazine CAMERUP été 2026. Appuie sur l'image pour l'agrandir.

Plus de trente versions pour une seule page

Créé spécialement pour le magazine, le Journal de bord a connu au moins trente versions. Une partie de ma vie avec l'alcool figure déjà ici. Le défi était de transformer ma descente et ma reconstruction en métaphore sans les embellir.

Le bateau représente mon corps, ma vie et mon esprit. J'en suis le capitaine parce que je reste le seul à choisir le cap, sans pouvoir naviguer sans équipage ni secours. La sirène représente l'alcool, la dépendance et sa fausse promesse de soulagement. Elle paraît guider le navire alors qu'elle l'attire vers les rochers.

Je n'ai pas transformé mon naufrage en belle histoire. J'ai appris à en faire quelque chose d'utile.

1993La première voix
2022La tempête
2023Le nouveau cap
2026Le grand large

De la brise légère à la tempête

Le journal commence en 1993, par une «brise légère». La date est approximative. L'alcool n'a encore rien d'effrayant et la première gorgée ressemble à un chant nouveau.

En 1999, la mer paraît calme, mais je refuse encore de regarder une réalité profonde: je ne m'aime pas. En 2012, un tournant professionnel accompagne l'augmentation de mes consommations. Puis le confinement de 2020 transforme l'escale en port d'attache et l'alcool prend toujours plus de place.

Septembre 2022 marque le plongeon final. Après quelques jours de silence, la sirène revient plus forte. Les chutes, les urgences et les hospitalisations s'enchaînent. En novembre, le navire ne répond plus.

Le moment où tout devient noir

Le 12 novembre 2022, le journal bascule dans la tempête. Le texte s'interrompt presque: «Noir. Tout grouille. Les poissons parlent et m'attaquent. La sirène hurle.»

Derrière cette métaphore se trouve un delirium tremens suivi de six jours en réanimation.

Mes souvenirs de l'hospitalisation sont confus. Les hallucinations restent gravées dans ma mémoire. J'étais enfermé dans une réalité terrifiante, incapable de distinguer le réel de ce que mon cerveau produisait.

La suite dit encore mieux la puissance de l'addiction: deux jours après ma sortie, malgré la réanimation et la peur, j'ai recommencé à boire.

On imagine qu'un tel événement provoque forcément un déclic. Pourtant, savoir que l'alcool peut nous tuer ne suffit pas toujours à reprendre le contrôle. C'est aussi cela, une addiction.

Important: un sevrage brutal peut être dangereux lorsqu'une dépendance physique existe. N'essaie pas de reproduire mon parcours seul. Parle à un médecin ou consulte le guide pour arrêter l'alcool en étant accompagné.

La tempête de novembre n'a pas marqué la fin de mes consommations. Il m'a fallu plusieurs mois et l'intervention de professionnels pour atteindre mon véritable changement de cap.

Le capitaine confie les commandes

Le 27 mars 2023, j'ai bu mon dernier verre avant d'être hospitalisé pour un sevrage physique.

Je ne me faisais plus confiance. J'avais accepté de demander une curatelle, comme si le capitaine reconnaissait qu'il ne pouvait plus tenir seul la barre. Au début de ma sobriété, j'ai pu revenir sur cette demande devant un juge. Reconnaître que l'on a besoin d'aide n'est pas abandonner le navire.

Après le sevrage est venue la post-cure. J'y ai redécouvert l'écriture grâce à Dorine, puis j'ai écrit presque tous les jours. Cela m'a aidé à comprendre mes consommations et à transformer une expérience douloureuse en quelque chose d'utile.

C'est ainsi qu'est né Au revoir alcool. J'en racontais déjà les débuts dans l'article consacré à mon premier abonné.

Découvrir mon histoire mise en page

J'avais réalisé une première ébauche graphique du Journal de bord. L'équipe du magazine l'a ensuite sublimée.

Lorsque la page terminée est arrivée dans ma boîte mail, avant la publication, ma première pensée a été très simple: c'est exactement comme cela que je la voyais.

La carte, la boussole, l'ancre, le phare et tous les détails ajoutés donnent l'impression d'un carnet retrouvé après une traversée. J'ai ressenti de la fierté et de la reconnaissance.

C'est ma première publication imprimée. Voir mon nom, Entraid'Addict et aurevoiralcool.fr sur la même page confirme que l'histoire longtemps cachée peut désormais servir à transmettre.

Et, accessoirement, cela me rassure sur un point: je n'écris peut-être pas complètement avec les pieds.

Merci à Gérard d'avoir pensé à moi, à Sandrine de m'avoir accordé cette liberté, à Isabelle pour son accompagnement, ainsi qu'à la personne qui a réalisé cette magnifique mise en page.

La guérison est un chemin, pas un but

Le dernier extrait est daté du 27 mars 2026, trois ans après mon dernier verre. La mer y est «vide et parfaite». La sirène n'est pas morte. Elle sommeille au large. Je ne lui offre ni peur ni désir, simplement sa place sur la carte. Le phare indique le cap vers la poursuite de ma sobriété.

Cette publication n'efface pas le passé. Le delirium, les hospitalisations et les dégâts restent réels. Elle permet toutefois de leur donner un autre sens. En réanimation, je n'aurais jamais imaginé voir un jour cette histoire devenir une création publiée.

Aujourd'hui, c'est fait.

Et toi, est-ce que l'écriture, la peinture, la musique ou une autre forme de création t'aide à avancer?

Tu peux me raconter ton expérience ou me poser une question.

M'écrire Découvrir le magazine

Parce que la guérison n'est pas une destination que l'on atteint une fois pour toutes. C'est un chemin. Et personne n'est obligé de le parcourir seul.

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